Târâ


Dreulma (Târâ)

C’est, avec Chènrézi, le bodhisattva féminin le plus vénéré du monde tibétain. Même si des représentations de Târâ, et vraisemblablement des textes, ont existé au Tibet dès le viiie siècle, ce n’est qu’avec la venue d’Atisha en 1042 que son culte se diffusa. Son rôle fut prépondérant et sa biographie rappelle d’ailleurs les visions qu’il eut d’elle et la responsabilité qu’elle eut dans sa décision de se rendre au Tibet. Toutefois, Atisha ne transmit pas les tantras de Târâ. Il faut attendre le xiie siècle pour voir la première traduction de son plus important tantra. Il existe plusieurs traditions relatant l’apparition de Târâ. Selon l’une d’elles, il y a des millions d’années, une jeune princesse appelée «Lune de la Connaissance » (Jn›nacandra), fut tant émue par les souffrances du monde qu’elle prit les engagements de bodhisattva en présence du Bouddha Amoghasiddhi. Bravant toutes les épreuves qu’elle eut à subir pour parfaire son serment altruiste, elle parvint à sauver plusieurs millions d’êtres nuit et jour.

Elle fit ensuite le souhait que toutes les femmes puissent, à son image, réaliser l’éveil spirituel. Depuis lors, la princesse, devenue Târâ la « Libératrice », ne cesse de protéger les êtres et de les assister sur le chemin de la réalisation intérieure. Selon une autre tradition, et sans que cela soit incompatible, elle est née des larmes que Chènrézi laissa couler de son visage en contemplant les souffrances du cycle des existences. Une larme forma la Târâ verte, active et énergique, une autre la Târâ blanche, calme et apaisante.

Au Tibet, le corps d’émanation de Târâ fut reconnu, à posteriori, dans deux des épouses de l’empereur Songtsèn Gampo, lui-même reconnu comme manifestant l’activité de Chènrézi : Brikhoutî, la Népalaise, était l’émanation de la Târâ verte ; Wengchèn, la Chinoise, était l’émanation de la Târâ blanche. Toutes deux eurent un rôle important dans l’installation du bouddhisme au Tibet ; elles apportèrent avec elles des statues, vénérées depuis lors, et incitèrent leur époux à bâtir des temples. C’est ainsi que furent construits le temple de Ramotché, et celui du Djokhang, le plus vénéré du pays.

Târâ est une protectrice qui incarne la compassion active de Chènrézi, comparable « à l’amour qu’une mère porte à son enfant ». De là, ses formes sont très nombreuses : le groupe des huit Târâ et celui des vingt et une Târâ sont les plus connus.

La Târâ blanche (sitatârâ) est un cas particulier car elle n’entre pas dans la classification ordinaire des Târâ issue des tantras. Les méditations qui lui sont liées furent révélées par un maître indien, Vâgîshvarakîrti, et introduite au Tibet par Atisha.

La posture de base de toutes les Târâ est celle de la forme la plus connue, Târâ verte : assise en posture du délassement (lalit›sana), un lotus bleu dans la main gauche épanoui au niveau de l’épaule, la main droite formant le geste du don (varadamOdra). Seule Târâ blanche échappe à la règle : si elle a les mêmes attributs, sa posture est celle du lotus et elle a sept yeux (deux normaux, l’oeil de la connaissance au milieu du front, un oeil pour chaque paume et chaque plante de pied).

Les vingt et une Târâ :
Dreulma nyèrtchigma

Ce sont les aspects les plus célèbres. La louange qui leur est consacrée
fut traduite dans le courant du xie siècle. Dans les représentations les
plus répandues, chacune tient un vase de même couleur qu’elle :
– Nyourma Pamo (Turavıra) : rouge, paisible ;
– Yangchènma (Sarasvatı) : blanche, paisible ;
– Seunam Tchogterma (Punyavarada) : jaune, paisible ;
– Tsougtor Namgyèlma (Usnısavijaya) : jaune, paisible ;
– Rigdjéma (Vidya) : jaune, paisible ;
– Djigdjéma (Bhairavi) : rouge, courroucée ;
– Shèngyi Mithoubma (Aparajita) : noire, courroucée ;
– Shènlé Namgyélma (Paramjaya) : rouge, paisible ;
– Sèngdèngnag Dreulma (Khadiravani Tara) : blanche, paisible ;
– Djigtènsoum Gyélma (Trailokyavijaya) : rouge, paisible ;
– Nortèrma (Nor gter ma) : jaune, paisible ;
– Tashideundjéma (Mangalarthakari) : jaune, paisible ;
– Drapoung Djomdzéma (Ripucakra Vinasini) : rouge, courroucée ;
– Tronyèrtchènma (Bhrkuti) : noire, courroucée ;
– Rabshima (Prasanta) : blanche, paisible ;
– Barouéi Eutchènma (Ujjvaladyuti) : jaune, courroucée ;
– Paméneunma (Amitaparakrama) : rouge, paisible ;
– Madja Tchènmo (Mahamayuri) : blanche, paisible ;
– Tseutangmi-ngèn Sèlma (Duhsvapnanasini) : blanche, paisible ;
– Ritreuma (Sabari) : rouge, courroucée ;
– Eusertchènma (Marici) : blanche, paisible.

Târâ qui protège des huit peurs :
Dreulma djiggyé kyobma
En bas du lotus où elle est assise, se trouve le symbole des peurs auxquelles sont aussi attachées huit émotions. Les pratiques liées à ces manifestations de Târâ protègent à la fois des dangers physiques et des errements spirituels :
– le lion de l’orgueil / animaux sauvages ;
– l’éléphant de l’ignorance / éléphant ;
– le feu de la colère et de la haine / incendie ;
– le serpent de l’envie / serpent ;
– le voleur jaloux /vol ;
– les chaînes de fer de l’avarice / injustice ;
– l’eau du désir et de l’attachement / noyade ;
– le démon cannibale (pisaca) du doute / démons.

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